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Bilan sur le marché de l’investissement et du financement des entrepreneurs en 2021

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La fin de l’année est l’occasion pour Navon Capital de dresser un bilan sur le marché de l’investissement et du financement des entrepreneurs en 2021. Cette année, notre équipe est à nouveau intervenue sur plusieurs opérations de private-equity auprès d’entreprises de taille moyenne et intermédiaire (de 5 à 150 M€ de chiffre d’affaires).

Depuis notre place d’observateur privilégié, nous dressons ci-après les faits qui ont marqué notre activité cette année.

Une très grande disponibilité de capitaux pour les projets des entrepreneurs

Après une année 2020 évidement bousculée, les levées de fonds des acteurs des fonds d’investissement dans les entreprises non cotées sont reparties en hausse très soutenues. A la fin du S1 2021, celles-ci s’établissaient selon France Invest à 10 milliards d’euros, en progression de +35% par rapport à la même période l’année précédente (effet rattrapage important). Les levées du S1 2021 ont même dépassées par leur volume le record du S1 2019 (avant crise) qui s’établissait à 8 milliards d’euros.

En clair, l’année 2021 devrait allègrement battre le record de 20 milliards d’euros collectés en 2019 pour l’investissement dans les entreprises non-cotées.

En parallèle, l’activité des banques a été également très soutenue en 2021.

Selon la Banque de France, le montant global des prêts aux entreprises accordées à fin octobre 2021 est en progression de près de +15% par rapport à la situation à fin octobre 2019 (avant crise).

C’est en particulier les PME qui profitent le plus de la production de crédits avec des volumes d’octroi en hausse de l’ordre de +25% sur une base annuelle. Une très bonne nouvelle pour les entrepreneurs.

Une évolution du paysage de l’investissement

Ces dernières années, le paysage de l’investissement dans les entreprises non cotées s’est largement réorganisé et le marché s’est segmenté, principalement sur la base du critère de taille des investissements en fonds propres.

Globalement, les fonds professionnels historiques ont connu une forte augmentation de leurs encours sous gestion. Leur succès les pousse aujourd’hui à déployer des montants d’investissement unitaires plus importants qu’hier, sur un segment qui présente moins cibles d’investissement potentielles.

Nous avons notamment pu observer la très forte concurrence que se livrent les acteurs sur les opérations d’investissement qui portent sur des tickets compris entre 5 millions et 30 millions d’euros de fonds propres.

En dessous, le paysage a également bien changé.

Les acteurs positionnés il y a quelques années sur les collectes fiscales ne sont plus très nombreux à s’être maintenus sur ce créneau. Aussi, sur les investissements mobilisant des fonds propres inférieurs à 5 millions d’euros, les acteurs d’hier ne sont plus ceux d’aujourd’hui.

On y retrouve aujourd’hui principalement des acteurs régionaux, des fonds d’entrepreneurs ou des filiales de groupes bancaires.

Une présence de plus en plus forte des banques dans le capital-investissement minoritaire

En effet, l’activité de capital-investissement des banques, en particulier celle organisée par les caisses régionales, a pris le relai en région pour adresser ce segment du marché de l’investissement.

En tant que conseil, cette nouvelle configuration nous conduit à de nouvelles approches pour bâtir les stratégies de financement à long terme de nos clients.

Pour les plus petites entreprises, la relation bancaire, demain plus qu’hier, sera déterminante pour bâtir les tours de financement, non plus seulement pour la dette bancaire, mais également sur la levée de fonds propres.

En témoigne la position des principaux groupes bancaires dans le classement des acteurs de l’investissement minoritaire en France établi par CFNews pour l’année 2020.

Classement des fonds minoritaires en France par CFNews en 2020.
Un univers de taux bas

Pour tout observateur assidu de l’actualité économique et financière, il n’y a pas de surprise à observer cette année encore l’effet de l’offre et de la demande dans l’univers des taux et son impact direct sur le coût de financement des entreprises.

En 2021, le coût de l’emprunt pour les PME s’est établi en moyenne à un taux inférieur à 1,4% selon la Banque de France.

Chez Navon Capital, nous avons pu obtenir pour certains projets de LBO des taux inférieur à 1% sur les tranches amortissables.

Nous sommes toutefois restés sur des ratios d’endettement relativement prudents eu égard à l’incertitude du contexte économique.

Des valorisations en hausse et des attentes de rendement plus modestes

Depuis plusieurs années, les différentes études réalisées confirment régulièrement l’augmentation des ratios de valorisation des entreprises non cotées. C’est le cas notamment de l’Index publié trimestriellement par Argos Wityu et Epsilon Research qui pointe à une moyenne de 11x le ratio Valeur d’Entreprise/ EBITDA au 3ème trimestre 2021 des entreprises du “mid-market”.

Nous retrouvons toutefois de grandes disparités dans les multiples de valorisation des entreprises, selon la taille et le secteur d’activité.

Les secteurs qui connaissent actuellement une croissance rentable et durable sont largement plébiscités par les investisseurs. Tel est notamment le cas des éditeurs de logiciels dédiés à la transition digitale des entreprises, les dispositifs médicaux et établissements de santé, certaines activités du secteur financier, etc.

Toutefois, il ne reste pas rare de réaliser des acquisitions à des multiples de valorisation inférieurs de 5x l’EBITDA sur des entreprises générant un EBITDA inférieur à 2 M€ dans des secteurs d’activités moins suivis par les investisseurs.

Il existe de réelles opportunités d’acquisition dans certains secteurs d’activité pourtant résilients et qui regorgent pourtant de relais de croissance à exploiter à l’heure de la digitalisation.

L’hybridation des instruments d’investissement

Nous appelons “hybridation” des instruments financiers l’ensemble des techniques juridiques et financières visant à fusionner les avantages du prêteur à ceux de l’investisseur-actionnaire. Tel est par exemple le cas de l’investissement mezzanine, qui bénéficie des atouts du prêteur en termes de créance et d’intérêts tout en permettant d’accéder pour partie à la performance de l’actionnaire.

Depuis plusieurs années, nous assistons à une hybridation croissante des instruments d’investissement des fonds professionnels. Ceci nous semble être une conséquence de plusieurs des causes discutées ci-avant et qui se traduisent par :

  • La nécessité pour les investisseurs de se prémunir des conséquences d’un renchérissement du prix d’entrée sur les actifs financiers
  • La diminution des rendements, en particulier des investissement obligataires
  • La concurrence accrue entre banques et fonds d’investissement qui pousse à créer des solutions d’investissement mixant les deux approches, et entre fonds d’investissement, qui pousse à développer de nouvelles stratégies différenciantes
  • L’expression d’un changement de fonctionnement de l’investissement minoritaire et la nécessité de standardiser le suivi
  • La recherche de l’optimisation des structures de financement pour certains investisseurs

Cette hybridation de l’investissement représente à notre sens une avancée discrète mais certaine pour les entrepreneurs, bien que moins médiatisée que l’évolution des valorisations qui crée toujours beaucoup d’émotion.

Un contexte très favorable aux entrepreneurs

En synthèse, nous pensons le contexte du financement aujourd’hui particulièrement favorable aux entrepreneurs prêts à bâtir des projets financiers ambitieux.

L’abondance de capitaux sur le marché a contribué à la valorisation du patrimoine professionnel des entrepreneurs et à leur permettre de le réaliser au travers d’opérations financières.

Les entrepreneurs accèdent aujourd’hui à des sources de financement plus compétitives et moins contraignates, dans le cadre de relations mieux définies.

Ce contexte favorable est une opportunité pour les entrepreneurs de bâtir des partenariats de long terme créateurs de valeur pour les entreprises.

A propos de Navon Capital

Navon Capital est une société d’investissement et de conseil organisée autour d’un savoir-faire unique dans la structuration d’opérations financières et d’investissements.

Nous intervenons tant dans les métiers de l’immobilier que du private-equity, au travers d’opérations de conseil en acquisition ou cession (M&A), de levée de fonds et d’investissement au service d’investisseurs privés et d’entrepreneurs.

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